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Enseignement supérieur

Un MOOC sinon rien ?

Posté par bocasay bocasayil y a 6 annéespas de commentaire

Présentés par beaucoup comme étant l’avenir de l’enseignement supérieur, les MOOCs (Massive Open Online Courses) attirent de plus en plus de monde et s’affichent comme une nouvelle tendance forte du secteur. Ils sont préconisés par les universités prestigieuses telles que Harvard, MIT, Stanford… Et sont défendus par les essayistes et les chroniqueurs du New York Times ou du Wall Street Journal. Malgré tout, les arguments pour, au moins certains d’entre eux, tiennent bon.

Un MOOC permet aux étudiants du monde entier un accès facile à une «éducation de qualité», indépendamment des frontières géographiques et des décalages horaires.

Si un étudiant basé dans une petite ville de l’Inde bénéficie d’un MOOC fourni par MIT et si le tampon de MIT sur son CV l’aide à trouver un bon travail dans son pays, où est le problème ? Il n’y en a pas s’il s’agit, par exemple, d’un MOOC sur la programmation informatique. Mais qu’advient-il s’il s’agit d’un MOOC  en sciences humaines ou en littérature ? L’une des principales critiques concernant les MOOCS est qu’ils sont « élitistes » et ne prennent pas en compte les différents contextes et les milieux culturels des élèves comme le fait l’enseignement en classe.

Une conférence filmée sur la poésie française n’aura certainement pas le même effet sur un élève que si elle est suivie dans une salle de classe. Les complexités impliquées dans une salle de classe où notre étudiant indien interprétant Baudelaire – en questionnant l’enseignant, en discutant avec ses camarades de classe – s’enrichira de l’expérience. Ces relations seront bien sûr absentes quand il s’agit de prendre un MOOC sur la poésie française, même s’il y a de nombreux forums de discussions rapides pour prendre le relais.

Cet argument a été mis en en avant récemment dans une lettre ouverte rédigée par le département de philosophie de San Jose State University qui a refusé d’adopter un MOOC sur la Justice, fourni par edX (fournisseur de MOOC à but non lucratif, fondé conjointement par Harvard et MIT) :

« Quel genre de message envoyons-nous à nos étudiants si nous leur disons qu’ils devraient mieux apprendre ce qu’est la justice en écoutant les réflexions des élèves, (…), d’une institution privilégiée comme Harvard ? Nos élèves d’origines très diverses apprennent beaucoup plus lorsque leurs propres expériences sont au centre des cours et quand ils sont enseignés par notre propre faculté d’origine aussi diverses, qui apportent leurs points de vue variés sur le contenu des cours portant sur la justice sociale.  »

Mais est-ce que cela veut dire que suivre un MOOC est une mauvaise chose ? Comme certains défenseurs des MOOC l’expliquent, « il y a beaucoup plus d’étudiants que de professeurs dans l’enseignement supérieur, et le système est sensé être mis en place pour les aspirants, et non pour les universitaires »[1], il serait intéressant de lire plus d’articles ou commentaires rédigés par les étudiants eux-mêmes. Une récente étude menée par l’Université d’Edinbourg met en lumière  « les choix, les motivations et les nationalités des participants à ses six MOOCS  ».

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