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Fundraising

Le fundraising se retrouve contraint de transparence et d’éthique

Posté par bocasay bocasayil y a 9 annéespas de commentaire

Qui l’eut crû ? Les universités du Royaume-Uni et leurs collectes de dons auprès de leurs anciens élèves sont un des effets collatéraux des insurrections arabes et met en lumière leur manque de transparence en la matière.

Peu de gens auraient imaginé que les manifestations dans les pays du Nord de l’Afrique auraient un effet néfaste sur la stratégie de fundraising des universités et des établissements d’enseignement supérieur en Europe.

C’est  pourtant ce qui est arrivé à Sir Howard Davies qui s’est vu contraint de démissionner de son poste de Directeur de la London School of Economics alors qu’était révélé le  versement d’un don de 1 500 000 livres de la Charité Kadhafi International en faveur de l’école, ainsi que des soupçons de plagiat du fils du dictateur libyen, Seif el-Islam Kadhafi.

Comment une institution prestigieuse peut-elle maintenir son niveau de financement tout en gardant sa réputation intacte? Il y a deux solutions à ce dilemme. La première, une solution à court terme, qui devrait être mise en œuvre immédiatement par les institutions qui se sentent concernées. Il s’agit de communiquer de manière plus transparente pour éviter de se retrouver au beau milieu d’un scandale politique. La seconde, la solution à long terme, est de trouver des sources alternatives de financement et ainsi éviter de solliciter des bienfaiteurs qui peuvent être liés, même de loin, à des régimes autocratiques, etc.

À court terme donc, les institutions devraient, avant de solliciter des contributions financières, systématiquement s’interroger sur le caractère potentiellement scandaleux de ces dons, mais aussi rendre publique toutes contributions importantes ainsi que toutes les donations douteuses perçues dans le passé.

Sur le long terme, les écoles auraient intérêt à favoriser les dons plus petits mais plus fréquents. C’est le cas aux Etats-Unis. A Tuck School of Business par exemple, 67 pour cent des diplômés MBA font un don à l’école. A Stanford, les dons d’anciens s’élèvent à 41 pour cent et 46 pour cent à Yale.

Dans les meilleures écoles de commerce européennes, les chiffres sont nettement inférieurs. Le taux d’anciens à faire des dons à la London School of Business est par exemple de 14 pour cent, tandis qu’à l’INSEAD et IE le chiffre n’est que de 12 pour cent.

La semaine dernière, la presse a révélé que la Société Générale avait reçu et géré 1,8 milliard de dollars de la part du Libyan Investment Authority. Depuis lors, un concert de voix internationales s’est élevé pour forcer les banques à rendre publique les actifs qu’elles détiennent pour le compte d’Etats. La même règle devrait être appliquée aux établissements d’enseignement supérieur. La transparence de leur financement permettrait d’assurer qu’aucun argent mal acquis n’est perçu et dans le même temps, ces établissements pourraient lancer une nouvelle dynamique de dons d’anciens, pour que l’Europe rattrape son retard vis-à-vis des États-Unis.

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