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International Focus

Conquête du marché indien : que fait la France ?

Posté par bocasay bocasayil y a 9 années3 commentaires

India

L’Inde est un marché séduisant pour le  recrutement d’étudiants. Pays à fort potentiel de croissance, il est aujourd’hui la troisième plus grande économie d’Asie.  Certains experts prédisent que l’Inde ferait partie d’ici 20 ans des quatre premières puissances économiques mondiales. Selon les déclarations du premier ministre indien la semaine dernière, l’Inde prévoit une croissance de 9 à 10% en 2011. (Nouvel Obs – 08 janv 2011)

Comme je l’avais déjà évoqué précédemment (INDE : Plus d’étudiants grâce au e-learning et aux écoles étrangèresL’enseignement indien s’ouvre à la concurrence) l’essor économique stimule en Inde une forte demande pour l’enseignement supérieur. La population étudiante est estimée aujourd’hui à plus de 14 millions, soit 10% des Indiens entre 18-24 ans. Le gouvernement indien a l’intention de porter ce nombre à 20% d’ici 2020.

Par ailleurs, la classe moyenne compte près de 200 millions de personnes. Cette catégorie a des revenus suffisants pour pouvoir offrir des études supérieures à leurs enfants.

Cependant  l’offre nationale (près de 470 universités et 22 000 collèges)  pour l’instant n’arrive pas à satisfaire la demande. De plus en plus d’étudiants souhaitent étudier à l’étranger.

Le marché de l’enseignement supérieur indien est convoité par de nombreux pays. La concurrence y est assez intense, des stratégies de promotion et de marketing sont très offensives.

Aujourd’hui les leaders du marché de recrutement des étudiants indiens sont les Etats-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Nouvelle-Zélande.

Les Etats-Unis ont attiré plus de 100 000 Indiens en 2009 et se placent ainsi au premier rang des pays pour l’accueil d’étudiants indiens.  Le Royaume-Uni a réussi à augmenter de 50% le nombre d’étudiants en deux ans, grâce à sa stratégie promotionnelle très offensive, passant de 30 000 en 2007-2008 à  44 000 en 2008-2009. L’Allemagne, qui développe son attractivité depuis 1997, joue plutôt la carte de la coopération scientifique. La Nouvelle-Zélande met en avant des facilités liées à l’immigration. La Malaisie, la Thaïlande, le Singapour proposent des formations correspondant aux standards occidentaux à des tarifs plus avantageux (voir le dossier «Inde» Campus France).

Le Canada, qui lui aussi promeut le bon rapport qualité-prix des études et offre des facilités migratoires, mobilise ces derniers temps différents acteurs pour conquérir le marché indien. Ainsi, au mois de novembre 2010 la plus importante délégation universitaire canadienne s’est rendue en Inde. 15 recteurs, partis pendant 7 jours, pour tisser des liens avec les autorités publiques, des dirigeants d’entreprises, le corps professoral des universités etc. La mission consistait à renforcer l’image de l’enseignement supérieur canadien, à établir des partenariats, à rendre plus attrayant les études au Canada. Par ailleurs, la diaspora indienne au Canada est mobilisée également  pour aider à tisser des liens universitaires. L’année 2011 a d’ailleurs été désignée « l’Année de l’Inde au Canada ».

La France se place au 15è rang des pays d’accueil d’étudiants indiens. La langue française présente, sans doute, une des difficultés pour attirer davantage d’étudiants. Cependant, dynamiser la communication sur les possibilités d’étudier en anglais en France, rendre plus visible l’offre extrêmement variée des formations proposées dans l’Hexagone pourraient stimuler considérablement le recrutement des étudiants indiens.

Retrouvez moi sur Twitter @b_fournier et visitez le site de mon agence Noir sur Blanc

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Commentaires sur “Conquête du marché indien : que fait la France ?

  1. Dubois dit :

    Excellente chronique avec un très bon titre : mais que fait donc la France ?

    La France ne se centre que sur les « investissements d’avenir », oubliant que l’avenir, ce sont les femmes et les hommes, et non les structures abracadabrantesques qui sont en train d’être mises en place avec les initiatives d’excellence.

    Continuez donc à vous indigner. Cela finira un jour par « payer » !

  2. Cher Monsieur,

    Nous sommes d’accord sur les grands enjeux et je continuerai a m indigner avec votre soutien.

  3. Si les étudiants indiens sont tout naturellement attirés par les pays anglophones, ils ont toutefois une grande facilité à apprendre les langues étrangères (une bonne partie de la population y parle sa langue maternelle, la langue ou le dialecte de sa région d’accueil le cas échéant, plus la langue d’un ou deux états voisins. En plus du Hindi et de l’Anglais pour les plus instruits). L’apprentissage d’une nouvelle langue n’y est donc pas une barrière aussi insurmontable qu’elle pourrait nous apparaître à nous européens.

    L’apprentissage du français (ou de l’allemand) est par ailleurs souvent vu comme un atout supplémentaire, un moyen de se différencier de ses pairs ayant eux aussi étudié en Australie, au Canada, etc…

    Enfin, l’Inde commence à se positionner en concurrente de la Chine sur l’accès aux matières premières et aux marchés de l’Afrique sub-saharienne. En ce qui concerne sa partie francophone, l’un des facteurs de succès est la pratique du français. Les grands groupes indiens sont donc susceptibles à plus ou moins brève échéance de nécessiter des ressources humaines – indiennes – parlant français. Une opportunité pour les écoles et universités françaises ?

    Benoît Teppe
    InAlliance Consulting

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